Taux d’intérêts et PEG Orange : quel impact, quel arbitrage ?

par Hélène Marcy le 08/10/2014

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L’obligation, passage obligé pour l’actionnaire salarié ?

Pour beaucoup d’investisseurs, pris en tenaille entre des produits monétaires qui ne rapportent plus rien et des actions dont les cours varient en dents de scie, le choix des obligations s’impose comme un choix naturel, sorte de « juste milieu » qui combinerait risque faible et performance honorable. Cette perception explique le choix prépondérant des salariés pour des fonds dans lesquels les obligations sont largement représentées.

Aussi, dans le cadre du PEG Orange, il est difficile d’éviter les obligations, sauf à choisir Orange Actions, Cap’Orange ou à conserver Pages Jaunes, avec le risque afférent aux actions et à la non-diversification. Les autres fonds sont constitués d’obligations, à des degrés divers, voire majoritaires pour Equilibris et Evolutis.

Qu’est-ce qu’une obligation ?

L’obligation est la fraction d’un emprunt émis par un état (les emprunts d’état ou OAT), une collectivité ou une société. En achetant une obligation, vous devenez créancier de l’émetteur. Comme un banquier le fait, vous prêtez de l’argent sur une certaine durée. Durant la « vie » de l’obligation (5 à 10 ans en général), vous attendez le versement d’un intérêt (appelé ici « coupon », versé annuellement) et le remboursement, à l’échéance, du capital investi. Il existe de nombreuses variétés d’obligations, mais le principe reste le même. Rien à voir, donc, avec l’action qui vous rend propriétaire d’un « morceau » de l’entreprise.

Peu de particuliers possèdent, en direct, des obligations. D’une part, leur gestion est sophistiquée ; d’autre part, la constitution d’un patrimoine obligataire diversifié nécessite du temps et des moyens financiers que la plupart d’entre nous n’a pas. L’accès aux obligations passe donc, pour le commun des mortels, par des fonds obligataires et de ce fait par leurs gestionnaires spécialisés.

L’inconvénient majeur des obligations est de ne pas conserver le pouvoir d’achat de l’argent investi sur de longues périodes, notamment lorsque celles-ci sont marquées par des phases d’inflation. L’investisseur de très long terme (plus de 10 ans) aura donc tout intérêt à « mettre le paquet » sur les actions.

Les risques des obligations

Le possesseur d’obligations, que ce soit en direct ou via des fonds, court deux grands risques : la défaillance de l’émetteur et la remontée des taux. Revenons-y plus en détail.

Le risque de défaillance de l’émetteur (impossibilité pour lui de rembourser) existe. Toutefois, dans le cadre d’un fond obligataire, les risques sont répartis entre de multiples émetteurs, et donc sous contrôle, sauf à envisager un scénario catastrophe qui affecterait tous les actifs financiers et les ferait plonger d’un seul coup.

La remontée des taux est un risque plus réel pour l’investisseur dans un fond obligataire. En effet, comme des actions, les obligations déjà émises sont cotées sur le marché dit « secondaire » (le marché de l’occasion, en quelque sorte) et peuvent être achetées ou vendues. Lorsque les taux montent, les nouvelles émissions obligataires sont faites à un taux d’intérêt plus intéressant (par exemple 4% au lieu de 3%) ce qui dévalorise les obligations déjà émises. En effet, qui voudrait d’une obligation rapportant 3% lorsque sur le marché les nouvelles obligations promettent du 4% ? Le cours des obligations à 3% diminue alors pour s’ajuster sur un coupon à 4%. Le phénomène inverse est également possible : la baisse des taux (des obligations nouvellement émises) produit la hausse de la valeur des obligations anciennes.

Des taux qui devraient remonter

Actuellement, les taux d’intérêt sont historiquement bas ; en toute logique, ils ne peuvent que monter. Il y a donc potentiellement un risque de baisse des obligations déjà émises. Reste à savoir quand, et comment.

Sur le « quand », seule une personne douée de dons de voyance pourrait nous éclairer. Cela peut être dans quelques mois ou dans quelques années. Mais on parle actuellement d’un risque d’augmentation des taux hors Union Européenne.

Sur le « comment », on peut envisager une hausse en « mode gérable » ou en « mode panique ». En « mode gérable », les gérants de fonds sauront limiter la casse pour les investisseurs individuels que nous sommes. Ils sont familiers de techniques telles que (liste non exhaustive) :

  • la diversification géographique pour profiter des écarts de taux entre les différentes zones, du dynamisme de certains pays et des « effets devise » ;
  • les arbitrages sur la durée des obligations. En effet, investir dans des obligations à court terme (1 à 3 ans) réduit l’impact d’une hausse des taux ;
  • le panachage entre obligations à taux fixe et à taux variable ;
  • le recours à des obligations convertibles en actions (« Océanes »).

En « mode panique », suite à un « tsunami économique » apporté par des évènements graves provoquant la perte de confiance des acteurs économiques, les baisses seront très substantielles, mais ce sera le cas pour tous les actifs : actions, obligations, immobilier, monnaie… Car tout notre système économique est basé sur la confiance des acteurs et ce que les économistes appellent « les anticipations positives » (autrement dit : « tout ira mieux demain »). Ajoutons-y les effets de la mondialisation qui ferait qu’aucun pays ne serait épargné. Seul le possesseur de métaux précieux (or, argent) sous leur forme physique ou de biens pouvant faire l’objet de troc devrait s’en sortir, s’il ne se fait pas dérober son « trésor » par des individus envieux…

Cela dit, la probabilité d’une hausse brutale des taux d’intérêts reste contenue, car nos états impécunieux financent leurs déficits par la dette. Charité bien ordonnée commençant par soi-même, ces états sont prêts à tout (politiques « non conventionnelles », création monétaire débridée, agitation du spectre de la déflation) pour que les taux d’emprunt restent bas, le plus bas possible…

La sagesse de l’investisseur

En tant qu’investisseur, il faut garder à l’esprit que le risque zéro n’existe pas, d’où l’intérêt d’un minimum de diversification de ses avoirs, et la nécessité de prendre du recul par rapport à des discours lénifiants émanant des politiques et des financiers, discours qui veulent nous faire croire que ce qui est improbable est définitivement impossible.

Rappel

Composition des différents fonds du PEG Orange

Fonds Actions Obligations Monétaire
Orange Actions 100% actions Orange
Dynamis solidaire 60 à 70% 30 à 40%
Evolutis jusqu’à 30% dominante marginal
Equilibris mix d’obligations et de valeurs monétaires
Solocal Essentiellement actions (ex Pages Jaunes – plus d’achat possible dans le PEG Orange)

Composition des différents fonds sur PERCO Orange

Fonds Actions Obligations Monétaire
PERCO Actions 100% actions
PERCO Obligations 100% obligations
PERCO Monétaire 100 % Monétaire de la zone Euro.
Fongepargne Insertion Emplois Dynamique d’environ 90 % en actions cotés respectant les critères ISR entre 5 % et 10% dans des titres émis par des entreprises dites « solidaires » sélectionnées en fonction de critères sociaux

Cession de 1,9% du capital d’Orange par la BPI : à quand l’ORP ?

par Hélène Marcy le 01/10/2014

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Suite à l’information délivrée ce matin par Les Echos, la CFE-CGC Orange et l’ADEAS écrivent au Ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique pour lui demander quand interviendra l’offre réservée aux personnels (ORP) qui devrait lui être associée.

Les deux organisations renouvellent à cette occasion leur demande de suspension du dividende, supérieurs aux bénéfices depuis 2012.

Télécharger le fac similé du courrier en pdf :
pdfCourrier_CFE-CGC_E.Macron_Cession_capital_BPI_1octobre2014.pdf

(more →)

OPA d’Orange sur Jazztel : l’ADEAS et la CFE-CGC s’opposent à toute surenchère.

par Hélène Marcy le 18/09/2014

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La CFE-CGC Orange et l’ADEAS (Association pour la Défense de l’Épargne et de l’Actionnariat des Salariés) ont pris acte de la décision du Conseil d’Administration d’Orange de lancer une OPA amicale sur Jazztel, au prix de 3,4 milliards d’euros, soit 13 euros par action, et s’opposeront à toute surenchère sur cette offre.

Alken Asset Management réclame 20 euros par action

La CFE-CGC et l’ADEAS ont découvert les revendications extravagantes du fonds spéculatif Alken Asset Management, qui considère que l’offre d’Orange, pourtant évaluée à 34% de plus que la capitalisation boursière de Jazztel, ne prend pas en considération toutes les synergies que les acteurs dégageront de cette opération. Alken Asset Management refuse donc de vendre ses parts (5% du capital de Jazztel) en dessous de 20 € par action.

Selon les analystes, cette opposition ne devrait pas empêcher l’opération de se conclure… même si le volume des transactions réalisées sur le titre Jazztel avant l’annonce de l’OPA (3 fois la moyenne journalière des achats habituels sur ce titre) pourrait laisser supposer un délit d’initié.

Des synergies industrielles… mais un risque en termes de conséquences sociales

Jazztel est déjà le principal client d’Orange Spain en tant que MVNO. Si l’opération revêt un intérêt industriel évident, la CFE-CGC et l’ADEAS sont naturellement préoccupés des conséquences sociales de ce rapprochement. Rappelons notamment que Jazztel a déjà délocalisé une très grande partie de ses centres d’appel au Chili et en Colombie… bien que l’Espagne connaisse le taux de chômage que l’on sait.

En tout état de cause, et sachant que le personnel d’Orange détient 5% du capital (second actionnaire de l’entreprise après l’Etat qui en détient 27%), la CFE-CGC Orange et l’ADEAS s’opposeront fermement à toute surenchère qui pourrait intervenir de la part de la Direction sur le niveau financier de l’offre.

 

Télécharger le communiqué en pdf : pdfCdP_CFE-CGC-Orange_ADEAS_OPA-Jazztel_18septembre2014.pdf

Cap’Orange : l’opération est terminée

par Hélène Marcy le 08/08/2014

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Nous recevons encore régulièrement des demandes d’informations sur l’opération Cap’Orange, dont la souscription est maintenant clôturée. Voici donc les dernières étapes de l’opération, telles qu’elles ont été communiquées par la Direction d’Orange sur l’intranet de l’entreprise, et par Amundi, qui a informé par mail chaque souscripteur.

Prix de souscription définitif et période de rétractation

  • Le prix de souscription définitif a été arrêté à 9,69 € par action, le premier juillet 2014.
  • A l’issue de la période de rétractation qui s’est terminée le 7 juillet, le total des souscription a atteint 16,9 millions d’actions (cf intranet Orange, accessible depuis votre poste de travail), soit un peu plus que les 16 millions dédiées à l’opération, rendant nécessaire l’application d’une formule de réduction.

Formule de réduction des souscriptions et modalités de mise en œuvre

Un plafond unique de 906 actions par souscripteur (y compris les actions offertes) a été défini, permettant de servir le maximum de souscriptions à 100% tout en respectant l’enveloppe globale des 16 millions d’actions (y compris l’abondement).

  • Les demandes inférieures ou égales à ce plafond ont été intégralement servies.
  • Les demandes supérieures ont été ramenées au niveau de ce plafond de 906 actions dont 680 actions achetées et 226 actions offertes au titre de l’abondement.
  • En cas de souscription aux 2 formules (garantie et classique), les 906 actions allouées ont été réparties au prorata de la demande initiale par formule.
  • Chaque souscripteur a été informé par mail par Amundi, le 16 juillet 2014, de la formule de réduction et de son attribution personnelle définitive, répartie sur les deux formules, et du montant de la CSG/CRDS (8%, qui s’appliquent sur l’abondement par l’entreprise) qu’il a à régler.

Livraison et paiement des titres

  • Depuis le 8 août, les parts que vous avez souscrites dans les formules Cap’Orange Garanti 2014 et Cap’Orange Classique 2014 sont visibles sur votre compte Amundi (https://www.amundi-ee.com).
    Ces parts ont été valorisées le 31 juillet 2014, au prix de souscription de l’offre soit 9,69 €.
    La valeur liquidative du FCPE Cap’Orange Garanti 2014 est calculée chaque fin de mois. La prochaine valeur sera affichée le 31 août 2014 et tiendra compte des modalités de calcul de la garantie.
    La valeur liquidative du FCPE Cap’Orange Classique 2014 est calculée quotidiennement sur la base du cours d’ouverture de l’action Orange.
    La valeur des parts de chaque fonds va donc désormais évoluer de manière indépendante.
  • Le montant de votre souscription (incluant toute la CSG/CRDS sur l´abondement) a été prélevé sur votre compte bancaire soit au comptant le 23 juillet 2014 ou en 5 fois sans frais, selon les modalités auxquelles vous avez souscrit.

Calendrier des prélèvements pour le paiement en 5 fois sans frais

  • 20 % le 23 juillet 2014 (auquel s´ajoute la totalité de la CSG/CRDS),
  • 20 % le 23 septembre 2014,
  • 20 % le 24 novembre 2014,
  • 20 % le 23 février 2015,
  • 20 % le 25 mai 2015.

Vérifiez que votre compte soit suffisamment approvisionné pour chaque prélèvement. Le cas échéant, vous pouvez toujours demander le déblocage d’avoirs disponibles sur votre PEG Amundi (via www.amundi-ee.com) pour financer votre achat.

Qui sont les actionnaires individuels français?

par Hélène Marcy le 27/06/2014

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Après les actionnaires salariés, voyons maintenant le portrait des actionnaires individuels, dressé par une étude Havas / CSA, apparemment la première du genre, qui a pas mal intéressé la presse ces derniers jours… Elle nous aidera aussi à mieux connaître les salariés actionnaires, puisque selon Debory Eres, cité hier, « Les actionnaires salariés représentent désormais la quasi-totalité des actionnaires individuels »

L’Expansion en livre une synthèse rapide à lire, avec la typologie des actionnaires individuels fournie par l’étude :


Sur le site de CSA, vous trouverez la présentation complète des résultats.

 

Comment l’actionnariat salarié se porte t-il en France ?

par Hélène Marcy le 26/06/2014

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Après notre focus sur l’actionnariat salarié chez Orange, vous serez peut-être surpris d’apprendre que la France est championne d’Europe de l’actionnariat salariés. Il en ressort notamment que la part du capital détenu par les salariés chez Orange (4,67%) est supérieure à la moyenne française (3,7%).

Vous pouvez retrouver des graphiques et éléments de l’étude sur le blog de Debory Eres, joyeusement intitulé « Et si on parlait partage du profit »…

Cap’Orange : vous pourrez confirmer ou rétracter vos demandes entre le 2 et le 7 juillet

par Hélène Marcy le 24/06/2014

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Selon les informations diffusées sur l’intranet Orange, « 17,3 millions d’actions ont été souscrites par près de 33 000 personnes, soit un nombre d’actions légèrement supérieur aux 16 millions d’actions proposées dans le cadre de cette offre. »

Les prochaines étapes de l’opération Cap’Orange, dont nous vous avons présenté le mécanisme en mai dernier, auront lieu en juillet prochain :

  • 1er juillet 2014 : fixation du prix de souscription définitif,
    égal à la moyenne des cours d’ouverture de l’action Orange sur NYSE-Euronext Paris, pendant 20 séances de Bourse (du 3 juin au 30 juin 2014 inclus) moins une décote de 20 %.
    Il sera communiqué sur l’intranet Orange ou en appelant le 0800 20 20 20
  • 2 au 7 juillet 2014 : période de rétractation/souscription définitive.
    Vous pourrez annuler la totalité de votre réservation à l´une ou l´autre des formules ou aux deux sur www.cap.orange.com.
    Si vous n´aviez pas réservé d´actions entre le 16 et le 31 mai, vous pouvez souscrire un maximum de 20 actions. Sans rétractation de votre part, après le 7 juillet, votre réservation devient une souscription définitive et irrévocable.
  • 9 juillet 2014 : réduction éventuelle d’attribution
    Si, après la période de rétractation, la souscription reste supérieure au nombre d’actions proposées, il sera procédé à une réduction individuelle des demandes, par la fixation d’un montant de souscription maximum par personne, et écrêtage de toutes les demandes dépassant ce plafond.
  • 16 juillet 2014 : vous connaîtrez le nombre d’actions obtenues et le montant à régler.
    Si vous souhaitez utiliser des avoirs disponibles dans votre PEG pour régler les nouvelles actions et que vous n’avez pas encore formulé votre demande le remboursement sur www.amundi-ee.com, il sera grand temps de le faire, les prélèvements démarrant le 23 juillet 2014.

Édit du 27 juin 2014 :

Nos collègues de filiales nous rappellent à juste titre que l’offre Cap’Orange n’est pas accessible à tous les salariés du Groupe en France, toutes les filiales n’étant pas adhérentes au PEG. Vous pouvez retrouver la liste des filiales adhérentes en annexe de la décision unilatérale de septembre 2013 portant avenant à l’accord PEG Orange :
decision unilatérale déblocage PEG Avenant du 13 09 2013 au PEG;

AG des actionnaires d’Orange : réponses de la Direction aux questions écrites de l’ADEAS

par Hélène Marcy le 23/06/2014

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Nous avions fait en sorte de poser des questions précises limitant le risque d’obtenir des réponses « langue de bois »… mais c’était compter dans l’imagination de la Direction… Pour commencer, elle a fait le choix, que la loi autorise, de répondre par écrit, les réponses étant publiées sur le site corporate d’Orange. Comme il faut un peu les chercher, nous facilitons la tâche de nos lecteurs en leur fournissant le lien direct.

Si les réponses relèvent de l’exercice convenu et du jeu de rôle, il semblerait que nos questions aient eu des conséquences concrètes. Il se pourrait par exemple que nous ne soyons pas étrangers à la saisine de la commission de déontologie de la fonction publique, qui a examiné la situation de Monsieur Ramon Fernandez le 12 juin dernier, d’après cet article de l’Opinion.

Concernant le soutien de la Direction aux associations internes, compte-tenu de la manière dont les réponses sont libellées, l’ADEAS tient à préciser :

  • qu’elle ne perçoit aucune subvention de l’entreprise
  • que son président a effectivement été consulté en ce qui concerne la mise en place de l’Offre réservée au personnel « Cap’Orange » (sans cependant que toutes ses recommandations aient été suivies)
  • que l’ADEAS a en effet bénéficié quelques fois (qui se comptent sur les doigts de la main) de salles de réunion dans les locaux d’Orange… sans pour autant que la Direction relaie de quelque manière que ce soit ses invitations aux personnels.

Les réponses de la Direction peuvent se comprendre comme une ouverture à l’égard de l’ADEAS. Devons nous en user, au risque de perdre notre indépendance et notre liberté de parole ? Ce n’est pas notre option : ce qui compte avant tout pour nous, c’est bien la défense du personnel actionnaire d’Orange, dans une entreprise pérenne et durable.

AG des actionnaires d’Orange : l’aberration des dividendes supérieurs aux bénéfices continue !

par Hélène Marcy le 26/05/2014

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L’Assemblée Générale des actionnaires d’Orange aura lieu mardi 27 mai 2014 à partir de 16 heures. Si la dénomination sociale de l’entreprise a changé, les pratiques financières délétères perdurent : pour la 3ème fois dans l’histoire de l’entreprise, et le 2ème exercice consécutif, on proposera aux actionnaires de se voter un dividende supérieur aux bénéfices de l’entreprise.

La CFE-CGC et l’ADEAS (Association de Défense de l’Epargne et de l’Actionnariat Salariés) dénoncent une nouvelle fois cette aberration, qui ampute l’entreprise des moyens dont elle a besoin pour investir et développer son business. La CFE-CGC regrette que la résolution qu’elle avait proposé de présenter à l’AG des actionnaires pour une suspension momentanée du dividende n’ait pas pu être soumise au vote des actionnaires.

Télécharger le communiqué en PDF : pdfCdP_CFE-CGC-Orange_AG-actionnaires-et-dividendes_26mai2014.pdf

AG des actionnaires Orange 2014 : les questions écrites de l’ADEAS

par Hélène Marcy le 22/05/2014

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Comme le prévoir le Code de Commerce, les actionnaires au nominatif peuvent poser des questions écrites, 4 jours ouvrables avant l’AG.

L’ADEAS a adressé les questions suivantes :

Télécharger les questions en pdf : Questions écrites ADEAS pour l’AG des actionnaires Orange_mai2014

Dividende

  • Sur le périmètre produisant un bénéfice de 1,8 milliard, quel est le montant total des dividendes versés aux actionnaires, et comment se répartissent-ils entre ceux versés aux actionnaires d’Orange SA, et ceux versés aux actionnaires minoritaires des filiales du groupe au titre de l’exercice 2013 ?
  • Le dividende versé étant supérieur au résultat net de l’entreprise depuis plusieurs années, il n’était plus possible de faire appel aux réserves pour verser le dividende en 2014, sans organiser la fusion entre France Télécom et Orange France SA. Est-ce là la principale raison de la fusion ? Sinon, quelles sont les raisons de cette fusion ? Quel est par ailleurs le coût de cette fusion, notamment son coût fiscal ?
  • Comment la Direction du Groupe Orange envisage-t-elle de désendetter l’entreprise dans les prochaines années tout en investissant, alors qu’elle veut à tout prix verser un dividende ?

Investissements

  • Le document de référence pour l’exercice 2013 ne permet pas d’identifier précisément les investissements réalisés sur la Fibre en France : ils sont agglomérés avec les investissements dans les réseaux 4G. Nous souhaitons connaître de façon distincte les investissements effectués dans la fibre et ceux effectués dans la 4G en France en 2013 ainsi que les prévisions distinctes de ces investissements pour 2014.

Consolidation en France

  • La presse s’est fait l’écho de discussions concernant un rapprochement entre Orange et Bouygues Télécom. Qu’en est-il exactement ? De quelle manière cela pourrait-il se faire et avec quelles conditions parallèles ? Quels seraient au final les intérêts pour Orange dans une telle opération ?

Stratégie internationale

L’entreprise procède à un véritable démantèlement de ses positions à l’international depuis près de 24 mois.

  • Après la vente effective des filiales et participations en République Dominicaine, en Autriche et en Suisse et la vente annoncée d’Orange Ouganda, il serait également question d’un désengagement en Egypte et au Kenya. Qu’en est-il ? Quelle est au juste la stratégie internationale d’Orange ? Les communiqués de presse indiquent que l’Afrique et le Moyen-Orient restent une zone géographique prioritaire pour le Groupe, mais les annonces de cessions se succèdent sans discontinuer.
  • Que prévoit la Direction d’Orange concernant Mobistar, sa filiale belge, dont la presse indique qu’elle serait aussi sur la sellette ? La filiale sera-t-elle vendue ?
  • Après les licenciements massifs intervenus en Pologne ces dernières années (plus de 7000 depuis 2010), il est maintenant question d’importants licenciements en Europe – hors France, mais aussi chez Equant aux USA. Pourrions-nous avoir des explications sur cette stratégie de licenciements (environ 200 licenciements prévus) mais aussi de recrutements envisagés en parallèle (120 environ). Quelle est la logique d’une telle politique ?

Contentieux juridiques et risques sur l’EBITDA

  • La direction des affaires sociales d’Orange préfère régulièrement aller au contentieux plutôt que d’entretenir un dialogue social basé sur la négociation, alors qu’elle perd le plus souvent devant les tribunaux. Dans le jugement, immédiatement applicable, de la cour d’appel du 19 décembre dernier opposant Orange au Comité d’Etablissement de Orange – SCE sur la restauration, le juge a modifié de manière significative le pourcentage de la masse salariale (basé sur le compte 641 de l’UES Orange) affecté aux activités sociales et culturelles, et le fait passer pour l’ensemble des comités d’établissement à 4,51% de la masse salariale brute de l’unité économique et sociale. Le risque sur l’EBITDA en année pleine se situe dans une fourchette de 50 à 100 millions d’euros. Avez-vous fait une provision dans les comptes pour ce risque ?  Pouvez-vous nous éclairer sur d’autres contentieux à risques pour lesquels Orange a privilégié la voix des tribunaux ? Avec quel risque estimé sur l’EBITDA ?

Risques contentieux sur le PEG d’Orange

  • Le règlement du nouveau FCPE CAP’ORANGE, rédigé par la seule direction du Groupe Orange est contradictoire dans son article 8. En effet, il indique d’abord que le Conseil de Surveillance sera composé de 16 membres : 8 représentants des porteurs de parts élus par les porteurs de parts, 4 représentants des personnels désignés par les organisations syndicales représentatives au sein du Groupe et 4 représentants de la direction de l’entreprise. Puis il indique que : « Dans tous les cas, le nombre de représentants de l’entreprise sera au plus égal au nombre de représentants des salariés porteurs de parts élus ou désignés. » Que signifie cette dernière phrase ? La Direction est-elle consciente qu’elle introduit un risque de contentieux si un retour à des pratiques non conformes aux directives européennes revenait à l’ordre du jour dans la gouvernance des fonds du PEG d’Orange ? Ce contentieux potentiel est-il chiffré dans les provisions pour risques ?
  •  Le règlement du nouveau FCPE CAP’ORANGE mentionne, au chapitre 3.1 concernant le compartiment  « CAP’ORANGE GARANTI 2014 »: « Le Compartiment sera exposé au risque de contrepartie résultant de l’utilisation d’instruments financiers à terme conclus avec la SOCIETE GENERALE. Le Compartiment est donc exposé au risque que la SOCIETE GENERALE ne puisse honorer ses engagements au titre de ces instruments. » Quels sont les risques concrets pour les souscripteurs ? Sont-ils compatibles avec le nom et la publicité faite autour de la formule de souscription, appelée « Cap’Orange Garanti » ?

Conflits d’intérêts

  • Monsieur Ramon Fernandez, actuellement directeur du Trésor, devrait prochainement occuper le poste de directeur financier du Groupe Orange. Or, en juillet 2013, Orange a fait l’objet d’une condamnation à payer un redressement fiscal pour un montant d’environ 2 milliards d’euros, suite à une décision du Tribunal Administratif de Montreuil, dont l’entreprise a fait appel. La direction du Trésor ayant nécessairement piloté ce dossier, n’y a-t-il pas conflit d’intérêt potentiel pour M Fernandez ? La commission de déontologie de la fonction publique est-elle ou       sera-t-elle saisie comme cela fut le cas, par exemple, pour François PEROL en 2009 ?
  • Monsieur Alain Gueguen, Directeur de la rétribution d’Orange, est également président du Club ORAS, émanation du groupe RH&M (Organisme indépendant de formation, spécialisé dans le domaine des Ressources Humaines et du Management) dont les objectifs sont « Acquérir ou renforcer la connaissance [des responsables de ressources humaines] de l’ensemble des mécanismes et nouveaux concepts de rémunération et de leur mise en œuvre ». Les membres fondateurs de ce Club sont Amundi, leader dans l’épargne salariale en France, et gestionnaire du PEG du Groupe Orange, et Novartis, qui fut également prestataire du Groupe Orange pour la protection sociale des salariés. M. Gueguen est-il président de cette association au titre d’Orange ? Perçoit-il des émoluments à ce titre ?
    N’y a-t-il pas conflit d’intérêt potentiel ? Ce Club, le Groupe RH&M ou ses membres bénéficient-ils de financements de la part du Groupe Orange ou de l’une de ses filiales ? Si oui, quel est le détail des financements et moyens matériels attribués directement ou indirectement par FRANCE TELECOM puis par ORANGE à ces personnes morales et éventuellement physiques depuis 10 ans ?

Persistance des liens entre Orange et Didier LOMBARD

  • Monsieur Didier Lombard continue de bénéficier de postes importants au sein de structures financées par Orange.
    Il est notamment Président du comité stratégique d’IRIS CAPITAL, qui est l’un des plus importants fonds de capital risque en économie numérique en Europe. Orange et Publicis lui ont apporté 150 millions d’euros et possèdent ensemble 49% de son capital. Sa capacité d’investissement totale dépasse les 300 millions d’euros, il s’agit d’un outil d’influence économique important.
    Par ailleurs, Didier LOMBARD est membre du Conseil d’administration en tant que vice-Président de la fondation C GENIAL, auprès de Claudie HAIGNERE. Cette fondation a été créée et financée notamment par FRANCE TELECOM-ORANGE.
    Comment la  direction du Groupe peut-elle justifier depuis 3 ans ne pas avoir communiqué de telles informations aux actionnaires et salariés  alors même  que Didier Lombard a été mis en examen le 4 juillet 2012 pour harcèlement moral dans l’enquête sur la vague de suicides connue par le groupe France Télécom en 2008 et 2009 ?

Politique de rétribution

  • Quel est le détail non nominatif des 100 plus gros salaires du groupe structuré en Fixe + variable + charges patronales et autres avantages, et leur évolution sur les 3 dernières années ? Quelle corrélation peut-on faire entre ces évolutions de salaire pour chacun d’eux et l’évolution de leur contribution à la performance du groupe ?

Financement et appui à des associations internes

  • Depuis plusieurs années, il apparaît que l’association AASGO (ex AFTAS) perçoit des subventions versées par France Télécom-Orange, qui pourraient représenter plusieurs centaines de milliers d’euros en cumul… Qu’en est-il ? Nous souhaitons connaître le détail des financements et des moyens matériels attribués directement ou indirectement par FRANCE TELECOM puis par ORANGE à cette association depuis 10 ans.
  • L’association AASGO (ex AFTAS) a également bénéficié des moyens de la direction de l’entreprise en terme de communication interne à l’adresse de l’ensemble des personnels à l’occasion du lancement de la nouvelle Offre réservée au Personnel 2014 afin de faire sa publicité et collecter des adhésions sur de nombreux sites de l’entreprise en France. Comment la direction peut-elle expliquer de telles actions synchronisées au sein des différentes directions d’ORANGE ? A quel titre cette association bénéficie-t-elle d’un tel soutien de l’entreprise ?
  • L’ACSED se définit comme une « association des cadres supérieurs et dirigeants d’Orange apolitique et asyndicale ». Nous souhaitons connaître le détail des financements, moyens matériels mis à disposition ou attribués directement ou indirectement par FRANCE TELECOM puis par ORANGE à cette association depuis 10 ans. A quel titre ces moyens ont-ils été mis à la disposition de cette association ?
  • Y a-t-il d’autres associations qui bénéficient de subventions et/ou d’aides matérielles de la part d’Orange ? Lesquelles ? A quel titre ? et pour quel montant depuis 10 ans ?