AG des actionnaires d’Orange 2021 : nos questions écrites

par Hélène Marcy le 07/05/2021

Catégories: En pratique, L'action de l'ADEAS | Tags: , | Permalink | 0 commentaire

Photo Jon Tyson via Unsplash

Si vous détenez des actions au nominatif pur, ou au porteur, vous pouvez adresser vos questions écrites à l’adresse assemblee.generale@orange.com,  au plus tard 4 jours ouvrés avant la date de l’Assemblée générale, soit cette année le 11 mai. Pour les actions au porteur, votre courriel doit être systématiquement accompagné d’une attestation de participation à l’Assemblée générale fournie par votre intermédiaire financier. Pour les actions détenues au nominatif pur, vous êtes connus dans les livres de l’entreprise et vous n’avez pas besoin d’attestation. Si vous envoyez vos questions au delà de la date limite, elles seront traitées comme des questions orales : il y sera répondu pendant l’Assemblée générale « sur la base d’une sélection représentative des thèmes ayant retenu l’attention des actionnaires, dans la limite du temps imparti« .

Voici les questions écrites adressées par la CFE-CGC Orange et l’ADEAS. Les réponses sont téléchargeables sur le site institutionnel d’Orange.

Stratégie d’Orange en Afrique

Les résultats présentés pour les activités de la zone Afrique Moyen-Orient font état d’une croissance régulière du chiffre d’affaires et du taux de marge d’EBITDAal dégagée. D’après les prévisions dévoilées en même temps que la présentation des résultats du T1 2021 (https://gallery.orange.com/finance#lang=fr&v=c729196a-2233-4d32-9f63-30722d8b9663), Orange table sur une poursuite de cette croissance.

Question 1

Quels sont les éléments clefs de la stratégie prévue pour poursuivre ce développement ? Plus précisément, quels sont les objectifs d’investissement sur cette zone à l’horizon du plan Engage2025 ?

Question 2

Le dernier pays d’Afrique à ouvrir ses télécommunications à des opérateurs privés est l’Ethiopie. Alors que Stéphane Richard avait manifesté l’intention de se porter candidat et s’était rendu en Ethiopie en 2019, https://www.jeuneafrique.com/745985/politique/djibouti-ethiopie-kenya-les-enjeux-de-la-tournee-demmanuel-macron/  Orange ne s’est pas portée candidate à l’une des licences de téléphonie mobile (https://www.jeuneafrique.com/1162496/economie/mtn-et-safaricom-seuls-candidats-en-ethiopie-tout-ca-pour-ca/). Pourquoi ?

Question 3

L’article de Jeune Afrique mentionne par ailleurs que l’État éthiopien a également décidé de vendre une participation minoritaire (40 %) dans l’opérateur historique Ethio Telecom, et qu’Orange pourrait être candidat. Qu’en est-il ?

Question 4

Orange Afrique Moyen-Orient (OMEA) est désormais une filiale séparée, qu’il était envisagé de coter en Bourse, notamment pour faciliter des opérations structurantes sur le continent africain. Qu’en est-il du projet de cotation et quand est-il susceptible de se concrétiser ?

Question 5

Pouvoir se rapprocher d’autres acteurs devient le seul moyen d’étendre la footprint d’Orange sur le continent africain. Des projets de rapprochement avec Airtel, dont l’empreinte géographique est complémentaire de celle d’Orange, ont été évoqués il y a quelques années. Est-ce toujours une possibilité ? Y a-t-il d’autres projets permettant à Orange de se développer dans de nouveaux pays d’Afrique ?

Relais de croissance

L’intérêt de développer nos réseaux très haut débit sur l’ensemble de nos territoires apparaît peu contestable. Orange apparaît cependant nettement moins bien placée pour développer et bénéficier de la valeur créée par l’usage de ces réseaux : bien que se positionnant notamment comme « la première entreprise numérique de France », le Groupe a en partie manqué le virage de l’économie numérique, ou, dans les rares domaines où elle s’y est implantée de manière prometteuse, elle prend le risque d’en perdre rapidement le bénéfice.

Sans même parler de se comparer aux GAFAM et aux BATX, qui tirent beaucoup plus de valeur que nous des services qu’ils ont développés et qui utilisent nos réseaux de télécommunications, Orange est absent, ou quasi, d’offres sur lesquels son réseau, sa marque et sa raison d’être (acteur de confiance) semblaient pourtant des atouts clefs, permettant de trouver des relais de croissance et d’augmenter la valeur tirée des réseaux qu’elle déploie. A l’heure où la question de la souveraineté numérique, française et européenne, est régulièrement soulevée, on peut légitimement s’interroger sur la faible part prise par Orange, par exemple dans des domaines tels que le cloud ou les messageries sécurisées.

Cloud

Question 6

Projet de cloud européen Gaia-X (https://www.sciencespo.fr/public/chaire-numerique/2020/07/20/cloud-souverain-genealogie-ambition-emblematique-souverainete-numerique/) : aucun montant d’investissement annoncé par les différents acteurs ou les Etats intéressés au projet. Le Groupe Orange a-t-il prévu des investissements en la matière ?

Messagerie sécurisée

Question 7

Comment expliquer que ce soit Thales, dont ce n’est pas le métier, qui développe avec OVHcloud une messagerie sécurisée, Citadel (https://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/thales-veut-booster-sa-messagerie-souveraine-en-salliant-avec-ovhcloud-1310827) et pas Orange ? Le Groupe entend-il se positionner sur ce marché ?

Cybersécurité

Sur le segment prometteur de la cybersécurité, le Groupe semble plus pressé d’optimiser, ou de « révéler » la valeur financière immédiate que de préparer l’avenir. Le départ de Michel Van Den Berghe (https://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/le-depart-inattendu-de-son-patron-historique-fragilise-la-pepite-orange-cyberdefense-20210503) est en grande partie lié au projet d’IPO, et apparaît, aux yeux des équipes comme des observateurs externes, comme un élément de fragilisation supplémentaire, son départ risquant aussi d’entraîner celui d’autres collaborateurs, ou d’amoindrir l’attractivité d’Orange pour les talents que tout le monde s’arrache.

Question 8

Pourquoi envisager si tôt de coter Orange Cyberdéfense, au risque de fragiliser l’entité, alors qu’elle a toute sa raison d’être dans le réseau des filiales OBS (100% détenues par Orange) pour développer au mieux les synergies sur le marché des entreprises ?

Question 9

Quels sont les bénéfices « business » attendus par ce projet d’IPO ?

Finance mobile

En matière de finance mobile, le projet d’Orange, c’est de développer « la banque du telco » : un projet original, qui s’inscrit parfaitement dans la stratégie d’opérateur multiservices, et très utile pour développer à la fois la fidélisation de nos clients et le revenu moyen par client. Orange Money est maintenant rentable en Afrique, et les services financiers y portent une croissance de 21%, le meilleur de toutes nos activités. Le faible taux de bancarisation sur ce continent y ouvre en outre des perspectives prometteuses pour Orange Bank.

Question 10

Au moment où cette activité fait la démonstration de son caractère porteur, et qu’il reste encore beaucoup à développer pour bénéficier à plein de toutes les synergies avec nos activités d’opérateur télécom, est-il vraiment pertinent d’envisager d’ouvrir le capital à une grande banque (https://www.lesnumeriques.com/vie-du-net/orange-serait-pret-a-ceder-le-controle-d-orange-bank-n161069.html) dont l’intérêt à développer une enseigne concurrente de la sienne apparaît pour le moins douteux, et qui plus est de lui en céder le contrôle majoritaire ?

Question 11

Ici encore, quels sont les bénéfices « business » attendus par le Groupe ?

Question 12

Pourquoi la présentation des comptes ne fait pas apparaître de façon séparée et consolidée les activités financières du Groupe ?

Question 13

Quelle est la stratégie de développement d’Orange Money, notamment dans les pays où l’offre n’est pas présente ?

Question 14

Tant pour Orange Money que pour Orange Bank, quels sont les éléments de la chaîne de valeur que le Groupe entend maîtriser ?

Projet industriel et R&D

Pour les personnels actionnaires que nous représentons, la croissance d’Orange doit être portée par un projet industriel orienté vers la croissance du chiffre d’affaires et le développement d’activités nouvelles faisant d’Orange un acteur clef du monde numérique, au-delà des réseaux, d’ores et déjà considérés comme de simples « commodités » par les investisseurs. Seules les ambitions du Groupe dans le développement de nouveaux produits et services permettent d’amplifier l’engagement des équipes et d’attirer de nouveaux talents.

Question 15

Quelle est la répartition des Capex entre les déploiements de réseaux et les investissements technologiques (R&D, développements SI, ou rachats d’entreprises) pour cette année ? Quelles sont les prévisions d’évolution de ces proportions à l’horizon du plan Engage2025 ? Quel part de son chiffre d’Affaires Orange entend-t-il consacrer à la R&D à l’horizon du plan Engage2025 ?

Question 17

Quels sont les projets du Groupe à la fois porteurs de valeur « business » et de motivation pour les personnels ? Quelles « verticales » Orange entend-il développer (finance, énergies, IOT…) ?

Stratégie de rachats et participations d’Orange

Gestion des participations d’Orange

Question 18

Nous demandons à disposer d’un organigramme des participations d’Orange, qui ne figure pas dans le DEU, et pas seulement d’un listing des intérêts comptables.

OPA sur les actions d’Orange Belgium

Question 19

Selon les informations communiquées lors de la publication des résultats 2020, le budget prévu pour racheter toutes les actions de la filiale Orange Belgium était de 600m€. Quelles sont les intentions stratégiques de cette OPA ?

Question 20

Quels en sont les bénéfices business attendus ?

Question 21

Compte tenu de son coût, pourquoi ne pas avoir choisi d’autres types d’investissements, tels ceux mentionnés dans la présentation des résultats (investissement dans les réseaux, en France ou en Afrique notamment), mentionnés comme fortement créateurs de valeur, ou encore des acquisitions permettant d’étendre la footprint du Groupe ou ses compétences dans des domaines stratégiques pour Orange (cloud, cyberdéfense, mobile finance…) ?

Efficacité de la stratégie de rachats d’opérateurs

Question 22

Des nombreux opérateurs rachetés en 2000, combien en reste-t-il encore dans le Groupe ? Quelle est précisément la liste des rachats effectués et de ce qu’il en reste à date ?

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