CAC 40: nouveau record pour les dividendes en 2019

par Hélène Marcy le 23/01/2020

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Image Csaba Nagy via Pixabay

 » Un record vieux de 12 ans est tombé en 2019 : celui du montant des liquidités restituées aux actionnaires. Selon une étude de la lettre Vernimmen.net, relayée ce jeudi 9 janvier par Les Échos, les versements réalisés par les groupes du CAC 40 ont dépassé le chiffre de 60 milliards d’euros en 2019 -dividendes et rachats d’actions compris (11 milliards)-, battant ainsi le record de 2007 juste avant la crise des subprimes. « 

L’article complet est à lire sur le Huffington Post.

Vous pouvez aussi lire la lettre d’analyse de Vernimmen, et les analyses d’Alternatives Economiques.

L’analyse de l’ADEAS

Les dividendes records font généralement les délices de la presse financière. Ils ne sont cependant pas forcément une bonne nouvelle, même quand l’investissement est au rendez-vous. Pourquoi ?

  • Même si en ce moment les taux d’intérêts sont très bas, voire négatifs dans certains cas, un prêt doit toujours être remboursé dans un avenir… dont on ne sait pas de quoi il sera fait. Que les résultats des prochains exercices ne soient pas au rendez-vous, et la situation devient critique. Il est donc toujours plus sage de réinvestir ses gains plutôt que de les distribuer en dividendes en empruntant en parallèle pour continuer d’investir.
  • Les dividendes et leur hausse régulière sont une drogue dangereuse : qu’on annonce une baisse, voire seulement une stagnation du dividende, et les investisseurs se mettent à bouder, faisant chuter le cours de l’action. La hausse du cours est pourtant la vraie rétribution des actionnaires : elle est le signe que l’activité va bien et que les perspectives sont bonnes pour l’entreprise et toutes ses parties prenantes (salariés, actionnaires, mais aussi clients et fournisseurs)… si toutefois elle n’est pas entretenue artificiellement par des rachats d’actions par l’entreprise, qui constituent un gaspillage du cash.
  • Enfin, si les résultats futurs ne sont pas au rendez-vous, et ne permettent pas de continuer à verser des dividendes substantiels pour « fidéliser les actionnaires », ou pire, de rembourser les emprunts, que se passe-t-il ? C’est en général l’emploi qui trinque, ce qui obère à la fois l’avenir des personnels dont les emplois sont supprimés et la capacité de l’entreprise à continuer de produire dans de bonnes conditions.

En tant que personnels actionnaires, ce n’est donc pas par « idéologie » que nous alertons sur la hausse perpétuelle des dividendes, mais bien parce que nous souhaitons préserver simultanément les emplois et les capacités de l’entreprise à investir, qui sont les deux piliers de sa croissance future.

Et chez Orange ?

A la lecture de la lettre Vernimmen, on pourra se réjouir qu’Orange ne figure pas dans le peloton de tête des champions du dividende. Notons cependant que le dividende versé en 2019 au titre de l’exercice 2018 a augmenté, passant de 0,65 à 0,70 € par action, et définissant, selon les propos même du PDG d’Orange lors de l’Investor Day du 4 décembre dernier, le nouveau « plancher » pour le montant du dividende.

Dans le même temps, nous sommes pourtant en période de fort investissement dans les réseaux (Fibre, 5G, déploiement de réseaux fixes et mobiles en Afrique…), et il serait sage d’en « garder sous le pied » pour pouvoir investir dans de nouvelles activités de croissance.

C’est la stratégie financière que défendent les représentants de la CFE-CGC Orange qui siègent, ont siégé ou siègeront au Conseil d’administration de notre entreprise.

Convaincu ? Si vous faites partie des personnels actionnaires, vous pouvez donner du poids à nos positions en choisissant les candidats CFE-CGC soutenus par l’ADEAS dans l’élection de l’administrateur qui vous représentera.

Un commentaire pour “CAC 40: nouveau record pour les dividendes en 2019

  1. Pascal a dit :

    Très belle analyse qu’illustre le lancement de Djingo, l’enceinte intelligente d’Orange.
    Malgré un développement co-réalisé avec Deutsche Telekom, les investissements consacrés étaient loin de ceux d’Amazon ou Google qui se comptaient en milliards. Pire, l’interface vocale a même été empruntée à Amazon !
    Alors quoi ? Djingo est-il un vrai projet de relai de croissance vers le numérique ou un simple trompe-l’œil ?
    Dans le premier cas, le projet aurait nécessité plus de moyens, de ressources, bref d’ambition. Dans le second, pas rassurant quant à la volonté de l’entreprise d’être le leader numérique national, voire européen, de demain.

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