Peut-on faire confiance aux actionnaires-salariés pour fixer le dividende ? Le cas de France Telecom

par Hélène Marcy et Patrice Brunet le 02/05/2012

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Le versement de dividendes aux actionnaires fait débat, aussi bien dans la littérature académique que dans le monde politique. Le cas récent de la politique de dividende de France Télécom, une entreprise où l’actionnariat salarié est fort, est emblématique de cette problématique.

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Ainsi, le fonds d’épargne des salariés de France Télécom, qui détient 4,6 % du capital de l’entreprise, va proposer lors de la prochaine assemblée générale des actionnaires, le 5 juin 2012, de réduire le dividende versé par l’opérateur au titre de l’exercice 2011. Alors que la direction de France Télécom prévoit de verser 1,40 euro par action, les actionnaires salariés estiment que le montant devrait être ramené à 1 euro par action. Rappelons que l’Etat détient directement et indirectement 27 % du capital de l’opérateur et que 68,4 % est dans les mains d’actionnaires ordinaires.

Le débat sur le montant du coupon à verser se concentre sur l’utilisation du cash flow de l’entreprise : « Bientôt nous aurons un nouveau gouvernement, il devra décider si France Télécom doit continuer à être une vache à lait ou alors une entreprise florissante qui investit », indique le délégué syndical CFE-CGC/Unsa, qui, conjointement avec les autres représentants des employés, est à l’origine de cette initiative qui se place résolument dans la défense de l’entreprise. De son côté, le PDG de France Télécom s’était engagé auprès des investisseurs à maintenir le dividende jusqu’en 2012.  Il a prévenu fin février que, compte tenu des incertitudes économiques, le groupe le diminuerait l’an prochain mais qu’il resterait de 1,40 euro cette année. Avec un coupon de 1,40 euro et un cours de 10,4 euros (27 avril 2012), le rendement de l’action France Télécom ressort à 13,5 %, un record quand on sait que le taux de l’OAT est de 3 %. Un rendement très attractif, pour autant que le titre conserve sa valeur ! Ce coupon correspond également à un taux de distribution record du résultat net de 95 %.
Réduire de 40 centimes le dividende permettrait à France Télécom de réduire de 1 milliard d’euros le montant à verser à ses actionnaires et d’investir cette somme dans de nouveaux projets. La proposition des actionnaires salariés revient clairement à privilégier l’entreprise et ses capacités d’investissement. Mais est-ce aussi simple ?

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Une chose est sûre : ce n’est pas uniquement avec un dividende généreux qu’ils satisferont longtemps leurs actionnaires. Une politique de dividende ne peut se substituer à une politique industrielle défaillante à long terme. Finalement, la question posée par les actionnaires salariés est pertinente car elle interpelle leurs dirigeants sur les projets d’avenir de leur entreprise et c’est bien là le fond du problème.

Un intéressant article à lire in extenso dans Les Échos – Le Cercle (y compris l’échange entre spécialistes dans les commentaires).

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