Les femmes reçoivent moins d’actions ou de stock-options que les hommes

par Hélène Marcy le 24/08/2020

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Photo Christina @ wocintechchat.com via Unsplash

Aux États-Unis, pour chaque dollar gagné par un homme, une femme touche seulement 84 cents, soit 16% de moins. Mais une étude menée par la professeure de management Felice Klein et publiée le 16 juillet dans le Journal of Applied Psychology révèle que cette inégalité n’est que la partie émergée de l’iceberg.

Les scientifiques concluent en effet que non seulement les femmes sont moins payées à compétences et ancienneté égales, mais qu’elles ont également accès à moins d’opportunités d’investissement au sein de leurs entreprises.

A lire dans Slate.fr

L’analyse relatée dans cet article est basée sur une étude réalisée aux États-Unis. Les biais de genre qu’elle met en évidence existent très probablement en France aussi… et de fait, les inégalités se cumulent.

C’est vrai chez Orange aussi

Chez Orange, la distribution d’actions se fait selon 4 grandes modalités, dont une seule est strictement égalitaire :

  • Possibilité permanente pour les personnels d’acheter des actions Orange en bénéficiant d’un abondement de l’employeur, soit pour des achats volontaires, soit lors du placement de l’intéressement.
    Le montant de l’intéressement ou le cash disponible pour bénéficier de cet abondement est directement lié à la rémunération des personnels. Les femmes ayant en moyenne des salaires moins élevés que les hommes, elles bénéficient moins de cet avantage pourtant offert à toutes et tous
  • Offre Réservée aux Personnels, permettant d’acquérir des actions Orange à conditions préférentielles (décote et souvent actions gratuites).
    Là encore, le revenu disponible pour saisir ces opportunités est moins élevé en moyenne pour les femmes, qui en bénéficient donc moins.
  • Attribution Gratuite d’Actions.
    Ces opérations sont les seules à être parfaitement égalitaires, tout le monde recevant le même nombre d’actions. Malheureusement, les montants distribués sont très modestes (61 actions par personne lors de la dernière opération organisée dans l’entreprise)
  • Distributions annuelles d’actions dites « de performance » (en fait l’équivalent des stock-options) au travers du LTIP (Long Term Incentive Plan = plan de motivation à long terme) dédiées aux top management.
    Ici, c’est la place occupée par les femmes dans le top management de l’entreprise (mandataires sociaux, membres du COMEX, cadres « leaders » et « executives ») qui conditionne leur accès à ces plans très généreux… et on sait que les femmes ne font pas jeu égal avec les hommes sur ces postes.

Cette rapide analyse met en évidence la nécessité de travailler sur l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes sur tous les plans, tous les sujets étant imbriqués et se traduisant in fine par une situation économique moins favorable aux femmes, y compris en matière d’actionnariat salariés.

L’ADEAS et la CFE-CGC Orange se battent sur l’ensemble de ces thèmes, qui constituent des batailles au long cours, où il faut à la fois travailler sur des critères statistiques, mais aussi sur les perceptions susceptibles de générer des « biais de genre » dans l’ensemble de la société, et qui font par exemple que les femmes postulent moins que les hommes sur des postes techniques ou à haute responsabilité.

En matière d’actionnariat salariés, faire entrer largement les femmes au Conseil de Surveillance du fonds Orange Actions fait partie des moyens pour :

  • améliorer la prise en compte de la parole des femmes sur l’actionnariat salariés, les questions économiques et la gouvernance de l’entreprise, tous ces sujets étant traités au sein du Conseil de Surveillance ;
  • favoriser la mise en place de chantiers de réflexion pour identifier les mécanismes pertinents pour permettre aux femmes de mieux bénéficier des dispositifs d’actionnariat salariés ;
  • faire évoluer la représentation symbolique, utile pour que la société dans son entier prenne pleinement conscience que les femmes ont toute leur place sur ces thématiques économiques, et doivent bénéficier des mêmes avantages que les hommes en la matière.

C’est pourquoi nous voulons présenter des listes mixtes lors du renouvellement du Conseil de Surveillance Orange Actions en novembre prochain. Nous aurons l’occasion d’y revenir.

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